Le plan d’action SOS Aliments
Le premier ministre Harper annoncera sous peu la tenue d’une enquête sur le scandale de la viande contaminée Maple Leaf. Ce n’est qu’un moyen d’éviter des questions sur la salubrité alimentaire durant les élections, rétorquent ses critiques.
Le groupe de pression Sécurité alimentaire demande au gouvernement canadien de s'engager à :
Créer 1 000 nouveaux postes d’inspecteurs et de vétérinaires afin d’assurer le respect des normes
Il y a, au Canada, quelque 800 usines de transformation de la viande sous réglementation fédérale, dont beaucoup transforment des milliers d’animaux quotidiennement, des milliers d’usines de transformation d’autres produits alimentaires (fromage, fruits et légumes, par exemple) ainsi qu’un grand nombre de charcuteries et d’autres commerces au détail. Et toutes ces entreprises sont des sources potentielles de bactéries d’origine alimentaire pouvant causer la mort. Le territoire est beaucoup trop grand pour les 1 100 inspectrices et inspecteurs des aliments transformés et les 230 vétérinaires du Programme de l’hygiène des viandes actuellement au service de l’ACIA. Le problème des maladies d’origine alimentaire est complexe, mais l’une de ses dimensions est facile à comprendre : le nombre d’inspectrices et d’inspecteurs est insuffisant. Par exemple, l’inspecteur chargé de l’usine Maple Leaf d’où venait la viande contaminée qui a causé l’éclosion récente de listériose s’occupe aussi de six autres usines. Pour que les compagnies respectent la réglementation sur la salubrité alimentaire, il faut plus d’inspectrices et d’inspecteurs. C’est simple comme bonjour!
Imposer immédiatement un moratoire sur les politiques d’autosurveillance de l’industrie
Conformément aux changements apportés le 31 mars 2008, notamment à l’usine de Maple Leaf à Toronto, les inspectrices et inspecteurs de viandes consacrent seulement 25 % de leur temps à la surveillance directe en usine. Le reste du temps, ils étudient les rapports préparés par les entreprises. Voilà qui est loin de l’objectif du nouveau Système de vérification de la conformité selon lequel les inspectrices et les inspecteurs devraient consacrer la moitié de leur temps à la surveillance directe.
Par ailleurs, l’autosurveillance de l’industrie a aussi été étendue au secteur avicole lorsque la surveillance de la santé des volatiles a été privatisée.
Selon des plans que le gouvernement conservateur a approuvés, mais pas encore pleinement mis en œuvre, l’industrie aura encore plus de pouvoir d’autosurveillance en matière de salubrité. Le Système de vérification de la conformité, le programme de rejet de la volaille et les autres projets d’autosurveillance doivent être suspendus.Éliminer les obstacles qui empêchent les inspectrices, les inspecteurs et les vétérinaires de l’ACIA de prendre des mesures immédiates
À l’heure actuelle, l’ACIA n’encourage guère ces personnes à prendre des mesures immédiates lorsque des problèmes surgissent. L’employeur leur conseille plutôt d’émettre à une compagnie fautive une « demande d’action corrective » qui précise la nature du problème et qui donne à la compagnie 60 jours pour le régler. L’action immédiate est une théorie difficile à appliquer lorsque le personnel chargé de l’inspection passe, en vertu du Système de vérification de la conformité, 75 % de son temps en usine à examiner les rapports préparés par les entreprises et à peine 25 % à inspecter les installations. Une telle stratégie s’inscrit parfaitement dans les mesures visant à accroître l’autosurveillance de l’industrie en matière de salubrité alimentaire.
Recommencer la divulgation des rapports de vérification, qui a été interrompue en réaction aux pressions de l’industrie de la viande
Pendant 20 ans, les inspectrices et inspecteurs du gouvernement ont publié des rapports sur leurs inspections et classé les usines de transformation qu’ils inspectaient. En raison des pressions exercées par le Conseil des viandes du Canada, qui se plaignait de la mauvaise presse que les journalistes faisaient à l’industrie de la viande lorsqu’ils obtenaient ces rapports, le gouvernement fédéral a cessé de publier les rapports d’inspection peu après l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper. Les Canadiens et Canadiennes doivent savoir quelles compagnies respectent les normes de salubrité. Il faut donc recommencer à publier les rapports de vérification.


