Les enjeux
Est-ce que le gouvernement devrait transférer la surveillance continue des produits alimentaires aux compagnies, ce qui revient, en somme, à leur donner carte blanche en matière de salubrité?
Eh bien, c’est exactement ce qui se passe au Canada. Désormais, c’est l’industrie de la transformation des produits alimentaires (viande, œufs et volaille) qui s’occupe, en grande partie, de voir à ce que les aliments soient salubres.
Cette année, le gouvernement a apporté des changements aux programmes d’inspection de la viande. Depuis le 31 mars, les inspectrices et inspecteurs de viandes passent beaucoup plus de temps à étudier les rapports et les tests préparés par les entreprises qu’à surveiller sur place la transformation des aliments.
Sans l’épidémie de listériose qui sévit actuellement, personne n’aurait su qu’un changement aussi crucial avait été mis en œuvre.
Gerry Ritz, le ministre de l’Agriculture, a tenté de rassurer une population inquiète en affirmant que le travail des inspectrices et inspecteurs est partagé également entre la surveillance en usine et l’étude de rapports et documents. Il a ajouté que l’Agence avait embauché récemment 200 inspectrices et inspecteurs.
Des affirmations que contredisent carrément les inspectrices et inspecteurs. D’une part, le nouveau système les oblige à consacrer 75 % de leur temps à la « paperasserie »; d’autre part, il n’y a pas eu d’embauche pour le service d’inspection des viandes récemment.


