Salle des nouvelles
25 mai 2009
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
Les ressources en inspection des viandes sont trop étirées
Ottawa – Une nouvelle étude sur la dotation en personnel démontre qu’une grave pénurie d’inspecteurs dans les usines de transformation de la viande au Canada continue d’empêcher les inspecteurs fédéraux de vérifier la conformité de l’industrie aux règlements de sécurité.
« Ces chiffres montrent que la dotation en personnel d’inspection est bien en dessous des niveaux minimum, ce qui est représentatif de la capacité de supervision de l’industrie en général. Pour des inspecteurs responsables de plus de cinq usines en moyenne, il est tout simplement impossible de vérifier que l’on respecte les règles de sécurité dans les usines canadiennes de transformation de la viande », dit Bob Kingston, président du Syndicat Agriculture – AFPC, qui représente les inspecteurs des aliments de l’ACIA.
Le syndicat a mené des vérifications ponctuelles dans quatre centres métropolitains où sont concentrées les usines de transformation. On a consulté des sources internes à l’ACIA pour déterminer le nombre d’inspecteurs sur le terrain, de même que le nombre de ceux qui seraient effectivement disponibles pour venir travailler, en tenant compte de diverses formes d’absence autorisée.
Nombre d’inspecteurs des viandes disponibles pour travailler dans la transformation des viandes et les entrepôts réfrigérés
Région |
Nombre d’inspecteurs des viandes |
inspecteurs des viandes en absence autorisée (moyenne de 25 %) |
inspecteurs des viandes présents au travail |
Nombre d’établissements transformant ou entreposant de la viande |
Établissements par inspecteur |
Toronto (complexes 3 et 6) |
18 |
4,5 |
13,5 |
75 |
4.6 |
Montréal |
45 |
11,25 |
33,75 |
160 |
4.7 |
Nord de l’Alberta |
10 |
2,5 |
7,5 |
38 |
5.0 |
Grand Vancouver |
9 |
2,25 |
6,75 |
40 |
5.9 |
Bien qu’il ait été informé de la pénurie et du fait que l’ACIA a failli à son mandat en ne détectant pas les problèmes à l’usine Maple Leaf dans les mois qui ont précédé l’éclosion bactérienne mortelle de l’été dernier, le ministre Ritz continue à nier le problème.
Selon une note de breffage de l’ACIA, M. Ritz a été informé en janvier 2009 par l’ACIA que « le programme d’inspection fait face à des difficultés de charge de travail pour répondre aux exigences de livraison. » Au cours de la même séance d’information, le ministre a été avisé que « une évaluation en profondeur a révélé que Maple Leaf Foods avait connu des difficultés en matière de contrôle environnemental et de salubrité en mai et juin 2008 », juste avant la contamination.
« Le ministre Ritz devrait reconnaître le problème et entreprendre d’y remédier. Tant qu’il ne le fera pas, il existe une grave menace de voir les problèmes qui ont mené à la contamination échapper à l’attention des inspecteurs surchargés. Il y a tout simplement et clairement une pénurie d’inspecteurs, » dit Kingston.
Les établissements recensés comprennent des usines de transformation où l’on traite des viandes prêtes-à-manger et préparées. Ces types d’établissements vont des très grandes usines comme celle d’Olymel L.P. de Montréal, qui emploie plus de 10 000 personnes, jusqu’à des compagnies beaucoup plus petites. Le sondage portait aussi sur des entrepôts réfrigérés qui servent de facilités de dédouanement pour la certification des aliments importés et exportés.
Le Syndicat Agriculture a calculé qu’il est impossible pour les inspecteurs des viandes d’accomplir les tâches de vérification pour plus de deux établissements de viandes prêtes-à-manger.
« L’inspecteur responsable de l’usine Maple Leaf au centre de la tragédie de l’été dernier était en charge de six autres usines en même temps. C’est un facteur qui a contribué à la tragédie. Notre étude démontre que la plupart des inspecteurs ont des charges de travail quasiment aussi lourdes, et certainement assez lourdes pour qu’ils soient incapable d’accomplir correctement leur tâche » conclut Kingston.
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Information : Jim Thompson 613-447-9592


